L’ouragan Sandy s’est formé dans la mer des Caraïbes. Après avoir touché Cuba, Haïti, la République dominicaine et la Jamaïque, le monstre a remonté la côte est des Etats-Unis, pour finir sa course dans l’est du Canada. Il est rare qu’un tel phénomène parvienne jusqu’à nos froides latitudes, comme à New York. Cet événement – exceptionnel par son pouvoir dévastateur – est-il la conséquence des changements climatiques ? Et l’Europe a-t-elle quelque chose à craindre ?
La formation des cyclones tropicaux
Avant de comprendre comment un cyclone peut apparaître, il faut se rappeler une notion indispensable : la pression atmosphérique. Lorsque celle-ci est basse, la baromètre nous indique que le temps est plutôt maussade. En effet, puisque l’air est chargé en humidité, il est plus léger. Logique, puisque la vapeur d’eau monte. La mine triste, Miss météo parle alors de dépression. Dans les régions tropicales, un cyclone pourra éventuellement se former. Si par contre l’air est sec, il est plus lourd et la pression augmente. Le sourire de la présentatrice est alors sans appel : il fera beau demain. Et de nous signaler au passage que notre ciel est traversé par… un anticyclone.
Les cyclones tropicaux ne peuvent se former qu’au dessus des océans, sous certaines conditions bien précises.
La température de l’eau doit dépasser les 26°C sur une profondeur de plusieurs dizaines de mètres. Si c’est le cas, l’évaporation de l’eau est très importante.
La pression de l’air doit être suffisamment basse, ce qui favorise également l’évaporation.
Lorsque ces deux critères sont remplis, la vapeur d’eau chaude monte rapidement dans les airs. Une fois refroidie, elle redescend sur les côtés. Ce cycle s’auto-alimente tant que la température de l’eau est suffisamment élevée.
Un troisième facteur, essentiel, est lié à la rotation de la terre. C’est l’effet Coriolis, bien connu des pilotes d’avion. Sous cet action, les masses d’air en mouvement sont déviées, ce qui donne aux cyclones cette forme en spirale. Aux extrémités des bras de ce monstre tentaculaire, les vents peuvent atteindre 300 km/h.
Plus on se rapproche du centre et plus les vents s’affaiblissent, pour devenir très faibles dans l’oeil du cyclone. Exactement comme une toupie, le titan des airs tourne rapidement sur lui-même mais se déplace aussi dans son ensemble, à une allure d’environ 20 km/h seulement, rendant l’attente de son arrivée – inéluctable – encore plus cruelle. A son paroxysme, son diamètre peut s’étendre jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres.
=> Infographie animée de France Info
Les effets
Bien sûr, les impacts d’un cyclone se manifestent par des vents très violents et de fortes précipitations. Mais l’arrivée de la dépression peut également être annoncée par un phénomène très dévastateur : la marée de tempête. Poussée par le cyclone, l’eau forme d’énormes vagues qui se déplacent rapidement et provoquent des ras-de-marée. C’est ce qui s’est effectivement passé sur la côte est américaine mardi dernier. Le phénomène a été amplifié par deux facteurs temporels. Premièrement, la déferlante est arrivée en pleine marée haute. Et comme si la comparaison avec le monstre fantastique ne suffisait pas, cela s’est justement produit pendant la pleine lune, une phase qui a le « pouvoir » d’amplifier les marées.
Cyclone ou ouragan ?
Plusieurs termes désignent en fait ce même phénomène météorologique violent qui prend naissance dans les océans des régions tropicales. L’appellation « cyclone » est la plus parlante puisqu’elle évoque la forme circulaire de la dépression. D’autres noms sont utilisés dans certaines régions particulières du globe. Dans l’Atlantique nord, le Pacifique Nord-Est et Sud-Ouest, on parle d’ouragan. Dans le sud-est asiatique, on parle de Typhon. Une liste détaillée de ces sobriquets est disponible sur le site de météo France.
Mais dans tous les cas, on parle de cyclone tropical, puisque le phénomène prend naissance dans les régions équatoriales. Par contre, les tornades ne sont pas des cyclones, même si elles peuvent en être la conséquence. Celles-ci ne naissent pas au-dessus des océans mais sur la terre et ont un diamètre bien moins important, de l’ordre de quelques dizaines de mètres.
Le réchauffement climatique
Puisque la formation d’un cyclone nécessite une eau très chaude, on peut en déduire que le réchauffement climatique peut favoriser de tels phénomènes extrêmes. La montée des eaux due à la fonte des glaciers aggrave également les risques de ras-de-marrée. Par contre, on sait que les cyclones existaient avant l’ère industrielle. Rien ne permet donc d’établir un lien de cause à effet pour un phénomène particulier. Mais si le réchauffement ne s’arrête pas, on pourrait s’attendre à une augmentation des phénomènes climatiques extrêmes.
Les cyclones en Europe
L’Europe est très peu touchée par les cyclones tropicaux. Leurs zones de formation sont relativement éloignées de nos régions, comme l’indique la carte ci-dessous.
Par contre, l’Europe a bien sûr déjà été frappée par de violentes tempêtes, assimilées parfois à des ouragans tant leur puissance était dévastatrice. Ce fut le cas par exemple en octobre 1987 : une tempête s’est abattue sur la Bretagne et les îles britanniques, causant la mort de 34 personnes. Ou en décembre 1999, deux tempêtes se sont succédé en quelques jours sur l’Europe de l’ouest avec un bilan total de 70 morts. On se souvient également de Xynthia, qui a fait 59 victimes en 2010 sur notre continent.
Sandy a causé des dégâts considérables, tant humains que matériels. Sans minimiser son importance, c’est malheureusement un phénomène météorologique courant. Ni le premier, ni le dernier. Rien ne sert donc de crier à la fin du monde ou à l’apocalypse. Ni de faire culpabiliser le consommateur parce qu’il chauffe trop sa maison. Dommage pour ceux qui sont arrivés jusqu’à ces lignes en espérant trouver un écho au titre racoleur…






Pingback: Noetik » La fin du monde | Science techno | Scoop.it